Histoire comme chat !
Ce chat, chaque fois que je reçois de ses nouvelles, j'ai le coeur gonflé de bonheur et de fierté.
Il ne le sait pas et il s'en moque, mais il me doit beaucoup.
Son histoire a commencé au printemps 1996.
A priori, il est né en mai quelque part parmi les HLM à la périphérie de Saint-Germain-en-Laye.
Je travaillais à ce moment-là dans l'annexe du quartier et des gamines sont arrivées avec une toute petite boule de poil noire, nous montrer ce qu'elles avaient trouvé en jouant dans un terrain vague.
Comme tout chaton qui se respecte, il était craquant ! Impossible de ne pas fondre devant lui.
J'ai demandé à la fillette qui le tenait ce qu'elle allait en faire et quand elle m'a dit qu'elle allait le garder, je lui ai demandé ce qu'en pensait sa maman.
"Ma mère, elle a rien à dire ! Je fais ce que je veux !"
J'ai entrepris de lui expliquer que ce n'était pas bien de dire cela, car c'était ses parents qui allaient devoir le nourrir, etc... quand je m'avisais que nous étions en juin et que les vacances n'étaient pas trés loin, or la fillette était d'origine marocaine.
-"Tu pars au bled cet été Farida ?
-Oui, pourquoi ?
-Et le chaton ?
-Ben je le laisserai là, dehors."
Mon sang n'a fait qu'un tour. Ce chaton n'était pas encore complètemen sevré, il avait dû séloigner de sa mère, les enfants l'avaient ramassé en toute insouciance et il était sans doute trop tard pour le ramener dans le champ.
Je lui pris le chaton des mains en lui disant :
-"Toi, ta mère, je ne sais pas ce qu'elle va dire, mais moi j'ai le droit de décider toute seule, alors je l'adopte. C'est comme ça !"
Je lui ai installé un nid avec mon cardigan dans mon panier à provisions et je suis allée à la superette voisine acheter du lait et de la pâtée pour chaton.
Ayant les ongles trés longs, je lui donnais le lait à têter dans le creux de mon ongle.
Le soir je suis passée à la pharmacie acheter un biberon et du lait maternisé pour jeunes animaux.
A l'époque c'était Kimie la tigrée qui partageait ma vie et elle n'a pas vu d'un bon oeil le nouvel arrivant. Quant à moi, j'ignorais dans quelle aventure je m'étais lancée, d'autant que je partais en Andalousie 15 jours plus tard.
La nuit, ce petit bonhomme, baptisé Méphisto pour sa couleur et son caractère exigeant, me réveillait 4 à 5 fois pour avoir son biberon. En outre il crachait sur ma pauvre Kimie chaque fois qu'elle s'approchait.
Bref, il nous faisait tourner chèvre et je me voyais mal l'emmener en Bretagne et l'y laisser avec l'autre minette le temps de mon séjour hispanique.
J'ai alors eu une idée : une de mes amies de Beauvais venait de perdre sa chatte d'un cancer et était inconsolable.
Je lui ai téléphoné et lui ai raconté l'histoire de mon orphelin.
Trois jours après, elle était là et repartait avec lui. Un an plus tard, elle déménageait à Nice où ce jeune homme de 13 ans à présent coule des jours heureux dans un appartement avec deux terrasses et s'en va, régulièrement, l'été dans l'arrière pays chez les parents de mon amie, qui ont une maison avec un grand jardin.
Alors, oui, je suis fière de moi quand je vois la destinée de ce matou qui démarrait avec un handicap certain.