LAICITE
Je me demande de quoi se mêlent les représentants des 6 cultes principaux de France, lorsqu'ils décident de s'unir pour empècher le gouvernement du pays de légiférer quant à la
La religion, c'est une affaire privée qui ne doit pas empièter sur le domaine public et il me paraît sensé, en ces temps de mutations spirituelles dans notre pays, que notre gouvernement se penche sur la question afin de préserver et la République et la liberté de culte.
Lorsque Clovis demanda le bâptème, ce fut, à mon avis, surtout pour la raison d'Etat. Il donnait ainsi une légitimité spirituelle à son pouvoir, fédérait les tribus francques et donnait naissance à un Etat, ce qui assura une certaine cohésion et tranquillité à la population d'un vaste territoire qui allait devenir une Nation : la France.
Clovis ayant assis sa souveraineté sur le principe du droit divin il ne restait plus de place pour les autres cultes et cela a duré jusqu'à la Révolution de 1789.
En 1905, il devint évident que la République se devait d'être parfaittement laïque et que favoriser un culte unique ne garantissait pas l'un des principes de notre Nation, à savoir l'Egalité.
La séparation de l'Eglise catholique et de l'Etat ne se fit pas sans heurts, mais elle se fit, car elle était légitime.
Le XXe siècle a vu aussi se multiplier les migrations de populations et le démantellement des grands empires coloniaux auxquels s'ajouta un besoin de main d'oeuvre dans les pays industrialisés et, jusqu'en 1981, les migrants tentaient toujours de s'intègrer dans leur pays d'accueil et ce, même après la loi sur le regroupement familial.
Mais il y a eu des élections présidentielles au printemps 1981 et, à la rentrée scolaire de 1984, nous étions confronté aux premiers foulards à l'école et aux premières revendications de "privilèges" religieux contre les principes républicains !
Si mes souvenirs sont bons, c'était à Creil et personne n'a eu le courage de trancher dans le vif pour le bien de la République et l'avenir de notre liberté.
Nous avons mis le doigt dans un drôle d'engrenage ce jour-là et je suis persuadée que nos gouvernants le savaient, mais s'en moquaient.
En France, le premier mot de notre devise est LIBERTE
Mais Liberté pour qui ? Au détriment de qui ?
Aujourd'hui, il n'est peut-être pas trop tard pour remettre au goût du jour la question de la laïcité et ce, aussi paradoxal que cela puisse paraître, pour protèger la Religion.
Le garant de la liberté des cultes est, j'en suis convaincue, la République qui, en fixant des limites et en obligeant la population à s'y tenir, pemettra à chacun de prier Dieu comme il le souhaite et ne permettra pas à une religion de se poser en martyre ou en conquérante face aux autres, au risque de réaliser, quand il sera trop tard, qu'il n'y a plus de Liberté.